Coline Serreau
Organiste, cheffe de choeur, chanteuse, actrice, réalisatrice, circassienne : Coline Serreau fait feu de tout bois pour s’exprimer, accomplir ce qu’elle définit comme la tâche des artistes dans la société : “Nous, les artistes, somme des témoins, des observateurs, nous renvoyons des miroirs à la société. Nous n’avons pas une vision politique du monde, mais poétique, car nous voyons les gens avec toutes leurs contradictions, sans les juger. Nous examinons l’humanité, nous ne nous battons pas pour un parti ou un ego.”
Fille de l’écrivain Geneviève Serreau et du metteur en scène Jean-Marie Serreau, Coline Serreau est formée en Lettres, et a suivi des études poussées au Conservatoire National de Paris : histoire de la musique, esthétique et orgue (avec Micheline Lagache et Jean Langlais). Elle entre comme apprentie comédienne au Centre national de La Rue Blanche en 1968 puis travaille avec Romain Bouteille et Coluche. Elle a fréquenté pendant de nombreuses années l’École du cirque d’Annie Fratellini où elle pratiquait le trapèze en grand ballant.
Après un stage à la Comédie Française, elle se tourne vers l’écriture de scénarios et la réalisation. Ses films abordent souvent les problématiques de société et d’écologie, et remportent vite un grand succès : en 1985 elle réalise Trois Hommes et un couffin, 12 millions d’entrées, trois Césars, nominé aux Oscars et aux Golden Globes comme meilleur film étranger. La société Disney en a produit un remake : « Three men and a baby », dont elle a écrit le scénario qui a remporté aux USA un succès équivalent à celui du film français. Elle est également connue, entre autres, pour La Belle Verte et Saint Jacques… La Mecque. Elle a composé elle-même la musique de certains de ses films.
En plus d’une trentaine de films et pièces de théâtre (en tant qu’auteure et/ou metteuse en scène), Coline Serreau a mis en scène à l’opéra Bastille de Paris : La Chauve-Souris de J. Strauss en 2000 (quatre reprises), Le Barbier de Séville de Rossini en 2001 (avec Joyce di Donato ; huit reprises), Manon de Massenet en 2012 (avec Nathalie Dessay).
En 2007 ans elle a créé la chorale du Delta, progressivement devenue un ensemble vocal qui se produit très souvent aujourd’hui, avec parfois 80 concerts par an, dont une cinquantaine chaque été en tournée dans le Sud de la France.
Très engagée pour rendre la culture classique accessible à un public aussi large que possible, Colline Serreau tient à ce que ses spectacles soient gratuits pour éviter la “discimination par l’argent. Les gens mettent ce qu’ils peuvent dans le chapeau à la sortie. Selon moi, il faut renouveler la musique classique. Elle est pour tout le monde. Les gens reconnaissent immédiatement un chef d’œuvre quand on le leur donne à écouter. Il faut donc diffuser cette culture de manière démocratique. Les concerts classiques sont guindés, codés, ils ne rassemblent plus personne à part quelques initiés », déplore-t-elle. Elle met aussi en garde contre le pouvoir de médias qui selon elle tendent à rompre la transmission entre les générations et font de la jeunesse des consommateurs, en la détournant des combats qui doivent être menés aujourd’hui et la rendant plus manipulable.
(Cécile Mansuy et Arthur Baldensperger, d’après des interviews de Noriane Rapin et Natacha Rossel.)
Nicolas Turicchia
Il a commencé à danser à l’âge de 21 ans et a été formé à la Codarts de Rotterdam, puis au P.A.R.T.S chez Anne Theresa de Keersmaker. Il a ensuite été engagé par le Folkwang Tanz Studio sous la direction de Pina Bausch, par le Stadttheater Münster sous la direction de Daniel Goldin, par la Vincente Saez dance company à Valence et par le Luzerner Ballett. Il a travaillé avec Carolyn Carlson, Chiang-Mei Wang, Koffi Kôkô, Urs Dietrich, Xavier le Roy, Roméo Castellucci, Cindy Van Ecker et d’autres. En 2013, il a bénéficié d’une résidence artistique à la Fondation Suisse à Paris. En 2015, il a fondé la compagnie de danse Cie Nicolas Turicchia.
Pour la saison 2019/20, il a développé deux projets intitulés Circondanse II et La parole dansée, suivis en 2021 par les projets Iceberg et A la Dérive. En octobre 2022, il a présenté au Théâtre du Crochetan la pièce Iceberg Reloaded. Il est interprète de Prototype Status de Jasmine Morand dans les pièces Mire et Lumen Prix spectacle suisse de danse 2020 et sa dernière pièce Mirkids a été créée en mars 2023. Il est régulièrement mandaté comme chorégraphe pour des pièces de théâtre, enseigne en tant que professeur invité à la HES-SO Sierre et est expert en danse pour Jeunesse+Sport.
L’ensemble Le je-ne-Scay-quoy
Fondé par la claveciniste et organiste française Cécile Mansuy, l’ensemble de musique de chambre Le je-ne-Scay-quoy est à géométrie variable selon les programmes qu’il interprète. L’une de ses priorités est de faire découvrir la musique ancienne d’une manière nouvelle, en y associant d’autres formes d’art et d’expression, comme la littérature, le théâtre ou la danse.
L’ensemble Le je-ne-Scay-quoy remercie François Couperin pour l’inspiration de son nom, tiré du neuvième concert des goûts réunis, et Vincent Flückiger pour la création de son logo !
« J’avais cinq ans lorsque je suis tombé amoureux du clavecin. Les concertos brandebourgeois m’ont alors tout autant captivé que les Beatles, Dire Straits ou Jacques Brel, pour n’en citer que quelques-uns. J’ai toujours rêvé de montrer au monde entier que Bach est cool et pas démodé. En ajoutant la danse à cette musique, qui s’y prête merveilleusement bien, on peut la découvrir autrement, se
l’approprier. Quand on danse sur une musique, tout l’être/tout le corps est
tout le corps est emporté, convaincu !
Je pense qu’il est important aujourd’hui de transmettre aussi un message de
de transmettre un message de joie !
On peut aussi faire des concerts classiques organiser différemment et faire tomber les barrières briser, ou en d’autres termes :
construire des ponts. »
– Cécile Mansuy, direction artistique